samedi 18 avril 2009
vendredi 13 février 2009
status du fœtus
Je tiens à dire à toutes les personnes me connaissant que les propos que je vais tenir ci-dessous ne sont pas le "produit" de ma conversion au catholicisme. Non que j'ai honte de mon appartenence à l'Église, loin de là, mais tout simplement parce que j'aimerais éteindre dans l'œuf (si je puis dire) cet "argument" fallacieux qui consiste à dire que mon jugement, et mes questionnements, sur le sujet seraient en raison de cette appartenance complètement biaisés.
Les réflexions que j'expose ici sont miennes depuis bien longtemps. Il m'est très facile de le prouver puisque je les aient écrites en détail dans des carnets de notes qui précèdent de plusieurs années ma conversion.
Les arguments de l'Église Catholique contre l'avortement sont, à mon avis, irréfutables. Mais mon propos n'est pas ici de les exposer. Il s'agit pour moi dans ce message de présenter les questionnements sur ce sujet, débarrassés du point des idéologies, qui surgissent lorsque nous usons correctement de notre raison "naturelle".
Il y a quelque chose d'effrayant dans cette discussion : la centration totale sur le droit des parents. Est-ce que les parents souffrent d'avorter, ou de ne pas pouvoir le faire etc.
Ce qui conduit le psychiatre (ou psychologue, je ne sais plus) à dire : "Accorder aux parents cette reconnaissance de l'enfant en tant qu'être, mais ça n'appartient qu'à chacun"
Voyez-vous l'énormité de la chose ? Il appartient à chacun de juger si l'enfant (on apprécie le lapsus) est un "être" (entendu "humain", puisqu'il est nécessairement qu'on le considère ou non humain).
Ainsi chacun à le droit de considérer que le fœtus est un enfant, et donc est en droit de demander une inscription sur le registre d'état civil, ou de considérer qu'il ne l'est pas, et donc d'avorter la conscience sereine.
Mais la question n'est pas là ! La seule et unique question qui compte dans cette affaire est celle-ci : le fœtus est-il ou non un être vivant "humain".
S'il l'est, alors l'avortement est un meurtre. S'il ne l'est pas, il n'est alors "que" de la mise à mort d'un être vivant (nous passerons sur l'incohérence des personnes qui défendent l'avortement mais sont choqués par la pratique de la chasse). Car, qu'on le veuille ou non, le fœtus est biologiquement vivant.
Soyons franc, l'argument selon lequel les connexions neuronales ne se réalisent qu'à la 22e semaine et que cela justifie l'idée selon laquelle le fœtus n'est pas humain, me semble singulièrement douteuse.
Pour plusieurs raisons :
1) Il faudrait déjà savoir ce que nous entendons par "être humain". Si c'est le cerveau (connexions neuronales) qui définit l'humanité, alors nous en arrivons immanquablement à considérer qu'une personne dégénérescente mentalement est atrophiée dans son humanité. Ce qui précisément à justifié les massacres de ces personnes lors des périodes historiques que nous connaissons.
2) Quand bien-même l'humanité se définirait par le cerveau, il reste que le fœtus est au moins un être humain "en puissance". Ce qui n'est pas à négliger.
3) Il me semble que dans ce genre d'affaires, qui s'appuie sur des conception scientifiques très récentes et qui ne considère la personne humaine, en plein accord en cela avec leur méthode, que du point de vue du mécanisme, il me semble qu'il faille faire preuve d'une grande PRÉCAUTION !
Si demain nous nous rendons compte que l'activité cérébrale, la conscience en générale, est active plus tôt que nous l'avions "prévue", cela signifie-t-il que nous avons massacrés des millions d'êtres humains par simple ignorance ?
4) Rappelons que, par exemple, aux États-Unis il est possible d'avorter quasiment à terme. Il semble qu'ils aient une autre définition de ce qu'est l'humanité que celle dont nous disposons ici. Cela devrait nous amener à nous questionner. Pourquoi tant de différences ? Et donc... d'incertitudes ?
Voici les véritables questions qu'il nous faut nous poser ici. La question du droit des femmes, du droit des parents, de leurs souffrances est TOTALEMENT secondaire. La question de fond est de savoir si nous tuons de simples êtres vivants, ou des êtres humains.
À une époque ou nous parlons du droit animal, ou nous sommes choqués, avec raison, par le traitement des animaux dans les abattoirs et autres élevages de masse. Il me semble que la question de savoir ni sont massacrons des millions d'êtres vivants par an, ou des millions d'êtres humains, se doit d'être posé.
Mais je demande à chacun d'entre vous de mettre de côté la question du droit des femmes ou des parents, ça n'est pas ici le sujet.
Car il est au moins quelque chose d'absolument certains pour chacun d'entre nous : l'enfant dans le ventre de sa mère N'EST PAS sa mère.
Il est possible de conserver la pratique de l'avortement en se débarrassant de tous les problèmes que je viens de soulever. Il suffit de considérer qu'un être humain n'est humain que s'il est reconnu sur l'espace public, c'est-à-dire : inscrit sur le registre d'état civil, citoyen.
Ainsi, tout comme pour les grecs, la vie n'est pas sacrée, n'est pas à défendre. Ce qui compte c'est son statut public.
Oui, nous pouvons nous débarrasser de ce lourd héritage catholique : la sacralisation de la vie.
Mais sommes-nous alors prêt à voir des personnes donner leurs nouveaux-nés à manger aux cochons ? Sommes-nous prêt à voir débarquer l'eugénisme dans les pratiques médicales courantes ? (Rappelons que Platon défendait ce que nous appelons aujourd'hui eugénisme). Sommes-nous prêt à ignorer tous les individus qui ne sont politiquement pas viables ? (c'est-à-dire inutiles à la société).
Oui, il est possible d'inscrire l'avortement comme pratique parfaitement cohérente dans nos sociétés. Mais cela suppose que nous transformions radicalement le regard que nous portons sur la personnes humaine. Et je ne suis pas certains que les personnes mêmes qui défendent cette pratique soit prête à le faire.
P.S. : il est certains que les propos que je viens de tenir en vont pas plaire à tout le monde. Cependant, j'aimerai que les personnes "pro-avortement" se mettent un moment à la place de ceux qui voient dans les fœtus des êtres humains. Ces personnes se trompent peut-être. Mais mettez-vous un moment à leur place : elles assistent à un massacre organisé de millions de personnes par ans dans le monde. Elles se trompent peut-être, en effet, mais je crois que comparativement à ce qu'elles voient, la position dans laquelle elles se trouvent n'est pas des plus agréables.
En effet, aujourd'hui critiquer la pratique de l'avortement c'est passer immédiatement pour un anti-féministe primaire, pour un moralisateur de première souhaitant nous faire revenir dans "l'ordre patriarcal ancien", que sais-je. Bref, c'est publiquement parfaitement intenable. Cela oblige à prendre des précautions de discours énormes.
Cette vidéo est en ce sens significative. Le militant anti-avortement est obligé de partir de la souffrance des mères, pour atténuer l'idée selon laquelle nous assistons à un massacre organisé, et ne pas ainsi braquer "l'opposition". Cette vidéo parle du statut du fœtus, et pourtant on ne parle de lui qu'à mots couverts.
Or, la question de fond est justement là : le fœtus est-il ou non un être humain. Et c'est là-dessus que nous devons dialoguer. En bonne intelligence.
jeudi 21 août 2008
Quelques notes écrites récemment
La Vérité a éclaté il y a presque 2000 ans sur la Croix. Dès lors, je ne puis prétendre à aucune invention, ni découverte en ce qui concerne le Monde, l'Homme et Dieu.
Les points de vue sur la Vérité que nous lançons tout au long de notre histoire (nous les hommes) l'éclairent afin de la rendre de plus en plus palpable, de plus en plus sensible, afin de la détacher de plus en plus de ce voile noir qu'est le Faux. En ce sens, et uniquement en ce sens, il y a progrès.
Mais c'est un progrès qui nous oblige à supporter, à chaque génération, les points de vues des générations passées. Sinon, le détourage de la Vérité, rendu possible par la multiplication des points de vues (des points d'entrée sur ?) la Vérité, se perd, et la Vérité redevient imperceptible sur le voile noir du faux.
Je suis inculte. Je suis une terre vierge prête à être travaillée par la main de Dieu.
La Création est une prière perpétuelle faite à Notre Seigneur.
L'homme empirique -- Robert Musil
«La parenté de la jeunesse et de l'empirisme lui paraissait profondément naturelle ; la tendance de celle-ci à vouloir tout éprouver par elle-même et à espérer les plus surprenantes expériences l'engageait à considérer l'empirisme comme la philosophie même de la jeunesse. Mais, de l'affirmation que la certitude de voir le soleil se lever tous les matins à l'est n'est due qu'à l'habitude, il n'y a qu'un pas à celle que toutes les connaissances humaines sont personnelles, conditionnées par le temps, peut-être même par les impressions d'une classe ou d'une race : affirmation qui s'est répendue ensuite de plus en plus dans l'histoire de l'esprit européen. Il faudrait sans doute ajouter qu'une nouvelle espèce d'hommes est apparue, environ depuis l'époque de nos arrière-grands-parents : celle de l'homme empirique, de l'empiriste, capable de tirer cent expériences dépassées mille expériences nouvelles, mais qui demeurent toujours dans le même cercle : l'homme qui a produit ainsi l'uniformité gigantesque, apparemment profitable, de l'âge technique. L'empirisme comme philosophie pourrait passer pour la maladie infantile de cette nouvelle espèce humaine...»
Robert Musil, l'Homme Sans Qualités tome 2, chapitre 50, p.535
samedi 16 août 2008
L'amour séraphique -- L'Homme sans Qualités
«Redevenu sérieux, il [Ulrich] se dit que, chez un homme qui cherche continuellement autre chose que son entourage, chez un homme qui n'a pas pu passer de l'antipathie à la sympathie correspondante, la bienveillance et la fade bonté habituelles aux autres hommes doivent se désagréger aisément et se réduir à une masse dure et froide au-dessus de laquelle plane un brouillard d'amour impersonnel. C'était ce qu'il avait appelé un jour l'amour séraphique. On aurait pu dire aussi, songeait-il : l'amour sans partenaire. Ou aussi bien : l'amour sans sexualité. De nos jours, on n'aimait que sexuellement : les semblables ne pouvaient se souffrir, et, dans le croisement des sexes, on s'aimait avec une révolte grandissante contre la surestimation de cette contrainte. L'amour séraphique était délivré de l'un et de l'autre. Il était l'amour délivré des contre-courants des aversions sociales et sexuelles. Cet amour, perceptible un peu partout aujourd'hui aux côtés de la cruauté, pouvait vraiment s'appeler l'amour sororal, dans une époque qui n'avait pas de place pour l'amour fraternel...»
Robert Musil, L'Homme sans Qualités tome 2 chap. 22, édition Points Seuil p.252-253
mercredi 23 juillet 2008
Site adapté aux appareils mobiles
Vous trouverez donc en haut de ce blog un menu contenant, entre autres, un lien vers le sommaire des articles.
Bonne lecture !
dimanche 20 juillet 2008
C'est lui, le roi de gloire.
Invit. Peuple choisi par Dieu, viens adorer ton chef et ton pasteur.
1Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
2C'est lui qui l'a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.
3Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
4L'homme au coeur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles
(et ne dit pas de faux serments).
5Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
6Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche ta face !
7Portes, levez vos frontons, +
élevez-vous, portes éternelles :
qu'il entre, le roi de gloire !
8Qui est ce roi de gloire ? +
C'est le Seigneur, le fort, le vaillant,
le Seigneur, le vaillant des combats.
9Portes, levez vos frontons, +
levez-les, portes éternelles :
qu'il entre, le roi de gloire !
10Qui donc est ce roi de gloire ? +
C'est le Seigneur, Dieu de l'univers ;
c'est lui, le roi de gloire.
samedi 19 juillet 2008
La grande foutaise du « Textus Receptus »
Ce qui est attaqué dans cet article ce sont donc les arguments de protestants dit fondamentalistes qui prétendent que les manuscrits pré-byzantins sont le fruit d'une machination diabolique, et que seul est sacré le "Textus Receptus".
De quelques divisions
En fouinant sur Internet j'ai appris l'existence de deux manuscrits principaux pour le Nouveau Testament. Le premier connus de longues dates, et le second découvert au XIXe siècle, soit :
les manuscrits « gréco-byzantins » : en vigueur jusqu'au suivant ;)
Les manuscrits « pré-byzantins» connus sous les noms de codex Sinaïticus, codex Vaticanus et codex Alenxandrinus, écrits vers la fin du IVe siècle. Ces manuscrits furent établis au XIXe siècle par Mr. Wescott et Mr. Hort afin de donner un texte grec complet pour donner la 26e édition du texte grec Nestle-Aland.
Or le protestantisme fondamentaliste propose une autre division :
Les « manuscrits majoritaires » = manuscrits byzantins.
Le « Texte Reçu » : nom donné par les protestants, premiers à utiliser ce corpus pour la traduction, au rassemblement critique de manuscrits tirés des « Majoritaires » par Érasme.
Les « manuscrits minoritaires » = manuscrits pré-byzantins.
Pourquoi ne pas avoir conservé l'ancienne division alors que l'édition d'Érasme n'est qu'une édition critique des manuscrits byzantins ? Pourquoi « Texte Reçu », pourquoi un nom aussi flamboyant ? Tapez « texte majoritaire minoritaire reçu » sur un moteur de recherche quelconque et vous comprendrez le sens de cette division. Elle est relativement simple à comprendre : le « Texte Reçu » est le véritable Texte inspiré par Dieu et, comme par hasard, se sont les protestants qui l'ont découvert.
Problème : les manuscrits minoritaires sont plus anciens que les majoritaires (dont est tiré le « Texte Reçu »), comment expliquer que Dieu ait mentit à tous les hommes pour ne révéler sa véritable Parole qu'aux protestants ?
Très simple !
Les manuscrits minoritaires sont l'oeuvre du diable, et Wescott et Hort des satanistes ! En témoigne cet incroyable article : le scandale des bibles new-age (oui oui, la bible de Jérusalem est new-age !).
Les manuscrits majoritaires sont très proches du « Texte Reçu », et n'ont rien de diabolique, mais ne sont pas le « Texte Reçu » (bah non, sinon le texte protestant ne se distinguerait pas du catholique).
Où l'on commence à voir poindre la supercherie
Il s'agit bien entendu d'une vaste foutaise. Qu'il y ait de nombreuses différences entre le « Texte Reçu » (qui n'est jamais qu'une des nombreuses éditions des manuscrits byzantins ) et le Nesle-Aland est un fait avéré. Mais entre les manuscrits byzantins et le « Texte Reçu » ? Il y en a peu.
Les protestants fondamentalistes ne sont pas fous, ils ne vont pas prétendre que les manuscrits byzantins diffèrent radicalement du « Texte Reçu ». Ce serait impossible à soutenir.
Non, il sont plus humbles. Ils ne prétendent pas que le manuscrit byzantin est démoniaque (ils gardent cela pour Nesle-Aland), ce serait supposer que Dieu ait attendu leur venue pour « faire descendre la vraie Parole», ce qui serait doctrinalement absurde. Absurde pour un Dieu amour, et absurde pour un Dieu qui a déjà fait descendre son Verbe au milieu des hommes en la personne du Christ ! En soutenant une telle thèse les protestants fondamentalistes seraient obligés de nier la venue du Christ !!
Ils sont donc plus humbles : ils n'ont fait que retrouver le Texte Reçu (et donc donné par Dieu) grâce au travail critique d'Érasme sur les manuscrits byzantins.
Montrer qu'il s'agit là d'une supercherie n'est pas bien compliqué, il suffit de démontrer que les différences entre les éditions des manuscrits byzantins, et l'édition d'Érasme des mêmes manuscrits (nommée « Texte Reçu » par nos protestants fondamentalistes) ne révèlent que des divergences extrêmement mineures.
Plus simple : il suffit de montrer que les différences un peu plus importantes soulevés par certains protestants fondamentalistes n'existent tout simplement pas.
Facile, me dites-vous, il suffit d'ouvrir une Vulgate d'avant le XVIe siècle, et de comparer avec une édition protestante de la Bible (sauf éditions récentes. La NVS fonctionne en revanche). Certes, sauf qu'il me fut difficile de trouver une telle Vulgate sur Internet qui ne soit pas tronquée ! Ce qui est quelque peu énervant !!
Un bel article dresse une liste des petites différences entre les manuscrits « majoritaires » et le « Texte Reçu » : Ce qu'on appelle les « Manuscrits originaux » de la Sainte Bible.
Je vais prendre deux des exemples que cet article propose :
Premier exemple :
L'article donne l'exemple des Actes des Apôtres 9:5-6 :
Texte reçu (TBS)
Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes. Il te serait dur de regimber contre tes aiguillons. Tremblant et saisi d’effroi, il dit : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, entre dans la ville
Texte majoritaire (Hodges-Farstadt)
Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes. Mais lève-toi, entre dans la ville
Comparons avec quelques éditions de la Bible :
Vulgate dite « de Gutenberg » de 1455
en rouge sont soulignés les phrases suivantes :
durum est tibi contra stimulum calcitrare. Et tremens ac stupens dixit : Domine, quid me vis facere ? Et Dominus ad eum
idem.
Vulgate Clémentine XVIe siècle:
Qui dixit : Quis es, domine ? Et ille : Ego sum Jesus, quem tu persequeris : durum est tibi contra stimulum calcitrare. 6 Et tremens ac stupens dixit : Domine, quid me vis facere ? 7 Et Dominus ad eum : Surge, et ingredere civitatem, et ibi dicetur tibi quid te oporteat facere. Viri autem illi qui comitabantur cum eo, stabant stupefacti, audientes quidem vocem, neminem autem videntes.
Ma Bible de Port-Royal (XVIIe) donne logiquement :
5. Il répondit : Qui êtes-vous, Seigneur ? Et le Seigneur lui dit : Je suis Jésus que vous persécutez ; il vous est dur de regimber contre l'aiguillon.
6. Alors, tout tremblant et tout effrayé, il dit : Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?
7. Le Seigneur lui répondit : Levez-vous et entrez dans la ville ; on vous dira là ce qu'il faut que vous fassiez. Or les hommes qui l'accompagnaient demeurèrent tout étonnés, car ils entendaient une voix, mais ils ne voyaient personne.
Mon édition de la Vulgate (Weber & Gryson 4e ed.) donne :
5. qui dixit qui es Domine et ille ego sum Iesus quem tu persequeris
7. sed surge et ingredere etc.
Pour respecter l'ancienne numérotation et s'accorder avec la 26e ed du Nesle-Aland, le verset 6 est supprimé. Cela peut sembler logique seulement, comme nous le verrons plus tard, ça n'est pas le cas.
Mes éditions de la Bible de Jérusalem (2e & 3e ed.) donnent :
5. « Qui es-tu, Seigneur ? » demanda-t-il. Et lui : « Je suis Jésus que tu persécutes.
6. Mais relève-toi, entre dans la ville, et l'on te dira ce que tu dois faire. »
Comme la grande majorité des traductions actuelles, la Bible de Jérusalem suit la leçon Nesle-Aland dans sa 26e ed.
La Néo-Vulgate donne donc très prévisiblement :
5 Qui dixit: “ Quis es, Domine? ”. Et ille: “ Ego sum Iesus, quem tu persequeris!
6 Sed surge et ingredere civitatem, et dicetur tibi quid te oporteat facere ”.
Comme il est facile de le constater ici il ne semble pas y avoir de différences entre les manuscrits dits « Majoritaires » et le « Texte Reçu » auquel les protestants fondamentalistes tiennent tant ! À moins que Gutenberg ait rencontré Érasme lors d'un voyage dans le temps...
En revanche, cette absence du verset 6 est bien manifeste dans les manuscrits dits « minoritaires »; évidemment.
Second exemple :
Matthieu 5.27
Textes Reçu :
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens...
Texte majoritaire :
Vous avez appris qu’il a été dit...
La Bible de Gutenberg donne bien le antiquis non moechaberis absente de la Néo-Vulgate et, chose amusante présente dans ma Vulgate de Weber & Gryson qui, rappelez-vous, était sensée suivre le texte minoritaire ! La Bible de Port-Royal parle bien des anciens, et celle de Jérusalem, fidèle aux manuscrits « minoritaires », les omets.
Conclusions de l'enquête :
Les exemples donnés par ce site semblent (à première vue, je n'ai pas tout vérifié) complètement bidons. Il doit bien exister des différences entre les éditions du texte byzantins et le « Texte Reçu ». Cela est normal, le « Texte Reçu » n'est jamais, au fond, qu'une autre édition des manuscrits byzantins. Mais ces différences sont mineures, rien qui ne puisse justifier une distinction aussi forte.
Si nous supprimons de l'article le scandale des bibles new-age, tous les exemples des passage présents dans le Texte Reçu (et dans les manuscrits « majoritaires ») et absents des manuscrits dits « minoritaires », il reste certains détails de ce type :
Romains I:16
Ostervalds Car je n'ai point honte de l'Évangile de Christ, car c'est la puissance de Dieu, pour le salut de tous ceux qui croient, du Juif d'abord, du Grec ensuite.
Bible de Jérusalem Car je ne rougis pas de l'Évangile: il est force de Dieu pour le salut de tout croyant, du Juif d'abord, puis du Grec.
Pour l'auteur de l'article un tel manquement (le « de Christ » dans la traduction « new-age » de l'école de Jérusalem) est « un trait caractéristique de l'apostasie », oui oui !
Pour le coup ma Bible de Jérusalem (manuscrits byzantins), est démoniaque :
Car je ne rougis point de l'Évangile, parce qu'il est la vertu de Dieu...
Et pourtant elle n'est pas basée sur le manuscrit « minoritaire »...
Pourquoi un « de Christ » ici et pas là? Tout simplement parce qu'il s'agit d'ajouts secondaires faits par les copistes visant à faciliter la lecture en répétant certains points doctrinaux (ce qui explique les divergences entre les manuscrits).
Le manuscrit pré-byzantin découvert au XIXe siècle propose donc un texte « nettoyé » de nombreux ajouts et notes devenus au fil des copies des parties intégrantes des manuscrits byzantins.
La prochaine fois que vous entendrez parler de Texte Majoritaire, Minoritaire, et Reçu, soyez attentifs !
Voir également : Texte reçu et/ou Texte Majoritaire
Je suis ouvert à toutes remarques, corrections, et approbations en ce qui concerne cette question que j'ai découverte à mesure que j'écrivais cet article (qui ne devait au tout début ne pas du tout être une « enquête »), et sur laquelle je suis novice.
mercredi 16 juillet 2008
Le graffiti du jour
Il n'est pas de coutume sur ce blog que son auteur se raconte. S'il enfreint avec ce billet les habitudes de ces lieux, c'est qu'il se retrouve quasi-obligé de répondre à une série de question refilée par une amie qui lui est chère. Cette dernière est toute excusée, ayant été quasiment contrainte par un troll célèbre des obscurs sentiers dit de la Réacosphère.
1) Quel(s) souvenir(s) avez-vous de votre apprentissage de la lecture ?
J'ai un souvenir très précis de ma première dictée (« Marou est un chat, Ratus est un rat), et un souvenir tout autant précis de la lecture faite par ma sœur du Mistouflon. Je n'ai aucun souvenir de mon apprentissage de la lecture.
2) Vos lectures préférées lorsque vous étiez enfant ?
La Fameuse Invasion de la Sicile par les ours de Dino Buzzati. Je me souviens en avoir parlé à un instituteur en allant à la piscine (j'ai le souvenir qu'il s'en moquait).
Les contes de Grimm et les Contes de ma mère l'Oye de Perrault.
Contes et Légendes de la Rome Antique dans une vieille édition, dont il me faudrait retrouver le nom.. J'avais dans la même vieille collection l'Illiade et l'Odyssée dans une version abrégée.
Le Prince de Mots-Tordus ! Il me faudrait le relire.
Une histoire illustré par des peintures de Bruegel l'Ancien. Je ne me souviens plus de l'histoire, mais les peintures m'avaient marqués !
Mimi Cracra, les Triplés, et Mafalda.
3) Aimez-vous la lecture à haute voix ?
Oui.
4) Votre conte préféré ?
Un coeur simple, de Flaubert.
5) La meilleure adaptation d'un roman ou d'une pièce de théâtre ?
Blade Runner, l'adaptation par Ridley Scott du roman de Dick : les androïdes rêvent-ils de moutons électrique ?
6) Apprenez-vous par cœur certains poèmes, répliques de théâtre, passages de roman ?
Se baladent dans les méandres de mon cerveau fatigué les phrases qui me travaillent où me travaillèrent. Je ne fais malheureusement pas l'effort d'apprendre par cœur des poèmes où des répliques entières.
7) Avez-vous des livres ou des magazines dans vos toilettes ?
Non, pour des raisons techniques.
8) Avez-vous plusieurs lectures en chantier ? Combien ? Lesquelles ?
Beaucoup !
L'enracinement de Simone Weil dans la collection Espoir (avec la carte d'Edmond Michelet en guise de marque-page !).
Contes populaires et légendes de Bretagne, histoire de saisir l'esprit pagano-chrétien de mes nouveaux voisins.
À la Recherche du Temps Perdu. Est-il besoin de nommer son auteur ?
Pascal et la raison du politique, de Gérard Ferreyrolles
L'Homme sans qualités tome 2 de Robert Musil.
Qu'est-ce que la politique, de Julien Freund
Humanisme Intégral, de Jacques Maritain
La doctrine du pur amour, choix de textes par Roger Parisot.
Lettres à Diane d'Andalo de Jourdain de Saxe.
La vie de l'esprit, de Hannah Arendt
Vies Politiques, de Hannah Arendt
Vient de terminer Du Dieu des Chrétiens de Rémi Brague,
9) Le poète que vous ne cesserez jamais de relire / de vous réciter ?
René Char et ses Lettera Amorosa, et Francis Jammes. Puis-je également citer Rainer Maria Rilke ?
10) Le livre que vous avez lu le plus rapidement ? Le plus lentement ?
Le plus rapidement, je ne sais pas. Peut-être le Seigneur des Anneaux de Tolkien, ou le cycle de la Belgariade et de la Mallorée de David Eddings (de la fantasy « Mc-Do »).
Le livre que j'ai lu le plus lentement est indiscutablement la Recherche de Proust, que j'ai commencé à toute vitesse, et n'ai toujours pas terminé !
11) Préférez-vous les éditions de poche aux originales ? Pourquoi ?
Voilà une question un peu idiote ! Je suis incapable d'y répondre. Un livre de poche peut être beau et pratique, pratique mais pas beau, voire aucun des deux. Idem pour un livre « grand format ».
12) Le(s) livre(s) que vous ne rangez jamais dans votre bibliothèque et qui traîne(nt) toujours ?
Ma maison est ma bibliothèque (ma femme est moins d'accord).
13) Quel est votre rapport physique à la lecture ? Debout ? Assis ? Couché ?
N'importe quelle posture sauf couché ou assis dans un mauvais fauteuil (cela me met mal à l'aise) .
14) Vos lectures sont-elles commentées crayon en main ?
Tout dépend de mon rapport au livre que je tiens dans les mains. Mon édition de poche des Pensées de Pascal (Le Guern) sont richement annotées. Il n'y a pas un trait de crayon dans le Journal d'un curé de campagne.
15) Offrez-vous des livres ?
Aux personnes que j'aime, oui. Mais trop peu souvent.
16) La plus belle dédicace, que ce soit de l'auteur ou de la personne qui vous l'offrit ?
Ce questionnaire est bien indiscret !
17) Quel est votre rapport sensuel au livre ? (Odeur, texture, etc.)
J'aime que la typographie d'un livre soit belle et élégante afin que la lecture soit agréable. En dehors de cela, le seul rapport « sensuel » que j'entretiens avec mes livres consiste à en choper un au hasard et à tourner ses pages frénétiquement lorsque je fais autre chose que le lire : discuter avec quelqu'un ; écouter une émission etc.
18) Quels sont les auteurs dont vous avez lu les œuvres intégrales ?
À part Jean-Baptiste Bourgoin, je ne vois pas.
19) Un livre qui vous a particulièrement fait rire ?
Aussi étrange que cela puisse paraître, les Pensées de Pascal.
Sinon, je puis également citer Gargantua, Pantagruel etc.
Et puis les Œuvres Érotiques de Baffo !
Je sais ça fait au moins quatre livres, mais je suis sur mon blog, et c'est moi qui commande !
20) Un livre qui vous a particulièrement ému ?
Le Journal d'un curé de campagne de Bernanos.
21) Le Livre qui vous a terrifié ?
Les 120 journées de Sodome de Sade. J'ai arrêté de lire au bout de quelques pages. Cette chose est immonde.
22) Le livre qui vous a fait pleurer ?
Le Journal d'un curé de campagne ! Je fus tout tourneboulé par les dernières lignes.
23) L'avertissement / l'introduction qui vous a le plus marqué ?
Le dizain qui ouvre le Tiers Livre de Rabelais : « François Rabelais à l'Esprit de la Royne de Navarre »
Esprit abstraict, ravy et ecstatic,
Qui frequentant les cieulx, ton origine,
As delaissé ton hoste et domestic,
Ton corps concords, qui tant se morigine
À tes edictz, en vie peregrine
Sans sentement, et comme en Apathie :
Vouldrois tu poinct faire quelque sortie
De ton manoir divin, perpetuel ?
Et çà bas veoir une tierce partie
Des faictz joyeux du bon Pantagruel ?
24) Le titre le plus marquant, original, décalé, astucieux ?
Le sous-titre au Ecce Homo de Nietzsche : Comment on devient ce qu'on est.
Ainsi que les différentes parties de l'ouvrage :
Pourquoi je suis si sage
Pourquoi je suis si malin
Pourquoi j'écris de si bon livres
Pourquoi je suis un destin
25) Décrivez votre bibliothèque.
J'organiserai ma bibliothèque sans ordre, et non peut-être pas dans une confusion sans dessein.
26) Les livres dont vous vous êtes finalement débarrassé ?
Pour me débarrasser d'un livre, il faut vraiment qu'il soit mauvais, donc oubliable et oublié.
27) L'endroit le plus insolite où vous lisez ?
Si je dis « aux toilettes », je risque de décevoir nombre de mes lecteurs. Disons, dans la rue, en marchant ?
28) Il ne vous reste que trois jours à vivre : que souhaitez-vous lire ou relire ?
Les premiers versets du psaume 18 :
“Les cieux proclament la gloire de Dieu,
le firmament raconte l'ouvrage de ses mains.
Le jour au jour en livre le récit
et la nuit à la nuit en donne connaissance.
Pas de paroles dans ce récit,
pas de voix qui s'entende.
Mais sur toute la terre en paraît le message
et la nouvelle, aux limites du monde.”
Et quelques lettres et petits mots qui me furent adressées.
29) Votre livre d'art préféré ?
Malheureusement je ne dispose de quasiment aucun « livre d'art ». Peut-être celui sur Michel-Ange pour sa belle photographie de la sublime Pietà de Michel-Ange.
30) La bibliothèque idéale ?
Celle que je constitue.
31) L'incipit qui vous a le plus marqué ?
Celui d'une nouvelle de Lovecraft dont je ne me souvient plus exactement le nom. Et puis celle de Jacques le fataliste.
32 ) La clausule qui vous a le plus marqué ?
Celle d'un amour de Swann :
Et avec cette muflerie intermittente qui reparaissait chez lui dès qu'il n'était plus malheureux et que baissait du même coup le niveau de sa moralité, il s'écria en lui-même : « Dire que j'ai gâché des années de ma vie, que j'ai voulu mourir, que j'ai eu mon plus grand amour, pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n'était pas mon genre ! »
samedi 12 juillet 2008
mercredi 4 juin 2008
Net politique
Aujourd'hui vous pouvez vous procurer un magnifique numéro spécialement consacré à Obama intitulé : La révolution OBAMA. Son parcours, ses idées, ses réseaux. Ah ! quel grand mot que celui de révolution, que ferait-on sans lui !
Et quel éditorial !
«Cette ascension inattendue marque une victoire pour les jeunes américains qui se sont déplacés en masse...»
Et oui, Obama c'est le candidat des jeunes. Pourquoi ? Qu'est-ce que le jeune de la génération Obama ? Et qu'est-ce que le vieux pour la génération Obama ?
«C'est aussi (...) la victoire de la "Net politique" sur la vieille politique du XXe siècle»
On sent tout le mépris dans l'utilisation de l'adjectif "vieux" au cœur de cette phrase d'une vulgarité affligeante. La politique du XXe est vieille, elle est has-been, elle ne se déroulait pas sur Internet vous rendez-vous compte !
Ne lisons plus Raymond Aron, Hannah Arendt, Julien Freund, Claude Lefort, ils ne connaissaient pas Internet, ils sont vieux. Notre politique n'est plus la leur, elle est meilleure, plus intelligente, plus en avance, c'est la "Net politique" !
Qui peux encore oser citer Machiavel ? Pire, Aristote !
«C'est enfin une victoire pour les Africains-Américains, qui, après plus de cent cinquante ans de lutte, voient enfin un candidat qui leur ressemble se rapprocher de la Maison-Blanche.»
Dois-je rappeler que c'est dans ce même "journal" qu'un article parlait du racisme de certaines personnes "blanches" qui ne voteraient pas Obama, "car il ne leur ressemblait pas" ? Quelle horreur ! Ces blancs préfèrent Clinton car elle est blanche, car elle leur ressemble, comment à l'heure du multiculturalisme mondial peut-on être si arriéré, avoir des pensées d'un "autre âge" ?
«Pas tous ces aspects et par bien d'autres, la candidature de Barack Obama constitue donc une véritable révolution pour Washington, mais aussi pour toutes l'Amérique et, au-delà même, pour l'image des États-Unis dans le monde.»
Je résume quels sont ces aspects révolutionnaires et flamboyants :
1) Obama est un candidat jeune, dans le vent !
2) Il met en place la "Net politique" contre la vieille politique... papier ?
3) Enfin un candidat pour les "noirs", il leur ressemble !
Jouons au jeux du "qui n'est pas concerné" :
1) Obama n'est pas un candidat pour les vieux, les has-been.
2) Obama est un candidat qui envoie à la poubelle tous ceux qui ne sont pas "Net".
3) Si Obama est en candidat pour les "noirs" car il leur ressemble, je suppose que cela signifie que les candidats "blancs" n'étaient pas pour eux car il ne leur ressemblaient pas... Donc selon le même principe Obama n'est pas un candidat pour les blancs ?
Obama est donc le candidat des jeunes "blacks" type "classe moyenne" car habitués aux nouvelles technologies ! Quelle révolution en effet ! Quel esprit "démocratique" !
L'avenir des États-Unis semble en effet radieux, «après deux mandats successifs de G.W.B. à la Maison-Blanche, un puissant vent de changement semble souffler sur l'Amérique»
Avec le Courrier International (et Ségolène Royal ?) clamons tous ensemble : «du changement !»




